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LA PRISE EN CHARGE

La prise en charge varie d'un individu à l'autre, selon son histoire, ses contraintes diverses, la nature de la ou des dépendances ainsi que son impact sur sa vie physique, familiale, psychosociale et professionnelle. 

Arrêter de fumer

En ce qui concerne l'addiction au tabac, le tabagisme, pour lequel je suis plus particulièrement consulté, addiction qui tue le plus aujourd'hui (plus de 70 000 décès par an), elle est la seule qui soit "monoappartenante", c'est à dire qu'elle peut se suffire à elle même, et donc, ne pas être associée à d'autres. Néanmoins, par expérience, je puis dire que le tabac, quand la nature de sa dépendance est essentiellement psychologique, est indissociable de problématiques affectives au sens large, qui sont transversales à toutes les addictions, quelles qu'elles soient et dont vont souvent découler, par ailleurs, les questions de l'estime de soi, de la confiance en soi, et de l'affirmation de soi dont peut aussi découler la question de la gestion de ses émotions (colère, anxiété, peur, etc.).

Pour stopper l'addiction au tabac, en tant que Psychologue-Tabacologue, j'oriente sa prise en charge vers une approche éclectique, afin d'augmenter les chances d’un arrêt de la cigarette qui soit durable, même si en Addictologie, on "sait" bien que la rechute fait ou peut faire partie du processus thérapeutique, éventualité dont l’accompagnement au sevrage tient compte.

Ainsi, la dépendance étant de triple nature, il est nécessaire de déterminer la prédominance, s'il en est , de l'une ou de l'autre, à savoir : physique (nicotine en particulier), comportementale et psychologique afin d'aborder les trois dimensions, avec une approche intégrative combinant, le cas échéant, une substitution nicotinique, de l'Hypnose, laquelle peut-être associée à des mouvements alternatifs (EMDR, SAH, etc.), de la TCM/EFT, de la TCC, etc.

Les autres addictions ( addictions au jeu, addiction au sexe, addiction à la pornographie, boulimie, addiction au cannabis, dépendance affective, addiction au travail, etc.)

De manière très simplifée, en ce qui concerne les autres addictions, à des produits ou à des comportements, à la différence de la dépendance à la cigarette, possiblement "momoappartenante", elles sont souvent multiples. 

Ainsi, les sujets dépendants à l’alcool y associent à 90% la cigarette, beaucoup de consommateurs de cannabis (haschich) fument du tabac et consomment fortement de l’alcool, les héroïnomanes, en plus de l’héroïne, utiliseront aussi l’alcool, le tabac, le cannabis, des anxiolytiques, on parle alors dans ce cas de polytoxicomanies. 

Les joueurs de casino (addiction aux jeux), souvent, fumeront et boiront et pourront également consommer de la cocaïne. 

Les dépendants sexuels, de plus en plus nombreux (sexualité compulsive/de décharge, multiplication de rencontres, pornographie, donjuanisme...), passeront beaucoup de temps sur internet, et sont susceptibles de consommer des produits (tabac, cannabis, alcool...).  

Les dépendants affectifs, associeront souvent tabac et boulimie, cette dernière, par expérience, davantage chez les femmes. 

Les personnes boulimiques auront souvent une sensibilité/vulnérabilité affective...

Les joueurs en ligne (poker, jeux en réseau, etc;), même si bon nombre d'entre eux fument, peuvent, à l'instar des fumeurs, dans un premier temps (surtout quand ils sont relativement jeunes), n' être dépendants que de cet objet. Mais, en fonction du temps passé, le risque étant fort de décrocher des études (scolaires, universitaires), de perdre son travail suite à des retards répétés le matin (jeu jusqu'à point d'heure), voire, d'avoir un(des) accident(s) dus à une baisse de vigilance (manque de sommeil/fatigue) et de mettre en danger des collègues de travail (chantiers, usines), de la même manière qu'avec des produits (alcool, cannabis, etc.), du coup, le flirt avec l'alcool et/ou d'autres produits, n'est jamais très loin.

Un point particulier sur la cocaïne de plus en plus consommée, du fait de son tarif "plus attractif", et en dépit des dégâts considérables physiques (nasaux, pulmonaires, etc.), psychiques (paranoïa, dépression, etc.), cognitifs, etc., que sa consommation régulière entraîne.

Il y a donc beaucoup de combinaisons possibles, rendant accessoirement compte, le cas échéant, de la complexité et de l’importance d’une prise en charge sérieuse et personnalisée. 

Pour toutes ces autres addictions, un abord psychothérapique mutliréférentiel est fondamentalement la base de la prise en charge, au croisement de différentes approches : TCC, mindfulness, EMDR, hypnose...

Je peux, par ailleurs, être amené, selon, avec l' accord du patient, à travailler en réseau, avec d'autres collègues, des médecins, différents acteurs sociaux, la famille, etc. 

Enfin, n'étant pas médecin, je ne prescris pas de traitement de substitution à l'héroïne (méthadone®, subutex®, skénan®).